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Aube : Les habitants vont trancher sur le « cou de l’oie » au Lesmont’s Festival

Écrit parle 17 mars 2025

L’association One Voice, qui milite pour les droits des animaux, a récemment lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 4000 signatures pour interdire le jeu du « cou de l’oie » lors de la fête patronale de Lesmont.

 Photo tirée de l’enquête menée par l’association One Voice à Saint-Bonnet-Près-Riom

Il s’agit d’un « jeu d’adresse » organisé lors des festivités locales. La tradition consiste à suspendre une oie, tuée le jour même, puis à tenter de lui décapiter la tête, les yeux bandés, à l’aide d’un sabre. L’heureux gagnant récupère l’animal, qu’il est censé consommer ensuite.

Cette tradition, loin d’être rare, a été célébrée aux quatre coins de la France, notamment à Arfeuilles et Saint-Bonnet-près-Riom, avant de devenir la cible de l’association One Voice. Face à la pression croissante des défenseurs des animaux, la commune de Lesmont va-t-elle rentrer dans le rang ?

Le point d’orgue du Lesmont’s Festival

Chaque année, ce jeu a lieu le deuxième jour du Lesmont’s Festival, attirant de nombreux curieux tout en restant discret sur les réseaux sociaux. Les photos y sont rares, bien que les participants arborent des t-shirts à l’effigie de l’oie, symbole de ce jeu controversé. Lors de l’événement, partisans et détracteurs se retrouvent, réagissant chacun à sa manière. « C’est humain, on est curieux. C’est comme un accident de la route, on est choqué par la scène, mais on ralentit pour regarder », explique un habitant de Lesmont.

Malgré sa longue tradition, ce jeu n’est plus au goût du jour. Cette coutume, qui remonterait à la Révolution française, suscite aujourd’hui de vives critiques, notamment dans un contexte où le bien-être animal est au cœur du débat public. L’association One Voice n’hésite pas à qualifier cette pratique de « piñata version française » et de « tradition barbare ».

La commune face à un dilemme

À Lesmont, les avis sont partagés. Certains, comme Christophe*, estiment que cette pratique, « consistant à suspendre un animal mort pour le décapiter à l’aide d’un sabre », choque de plus en plus aujourd’hui et qu’il est temps de trouver une alternative. D’autres, à l’image de Didier*, un habitant de longue date, défendent l’authenticité de la tradition : « Cela fait 10 ans que je suis ici. C’est comme si je vous disais que les messes se faisaient maintenant le mardi, ça n’a pas de sens de changer une tradition. C’est comme ces Parisiens qui viennent à la campagne et viennent contester l’agriculteur parce que le coq chante le matin. »

Alors que la polémique enfle, le maire et le comité des fêtes ont décliné toute déclaration. Toutefois, la semaine dernière, un document a été envoyé aux habitants pour clarifier la position des organisateurs : « L’association a toujours souhaité que le festival soit avant tout destiné aux Queuntonnes et aux Queuntons. En ce sens, il n’a jamais été question de remettre en cause la tradition du coup de l’oie le dimanche. » Néanmoins, l’organisation reconnaît que la forme actuelle du jeu, notamment avec l’animal, pourrait nuire à l’image du festival et du village. En réponse à la controverse, une consultation est en cours pour recueillir l’avis des habitants.

Les résultats, attendus pour le 29 mars, permettront de choisir entre trois options : maintenir la tradition, opter pour une « piñata » de l’oie, ou abandonner totalement cette pratique.

*Les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat.


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