TROYES

[95.8 FM / DAB+]

Titre en cours

Titre

Artiste

Émission en cours

VINTAGE CLUB

19:00 24:00

Émission en cours

VINTAGE CLUB

19:00 24:00

Background

Les jeux vidéo sont-ils responsables de la violence ?

Écrit parle 27 février 2025

Le meurtre tragique de Louise, 11 ans, retrouvée dans un bois de l’Essonne le 8 février, a ravivé la question de l’impact des jeux vidéo sur les comportements violents. Après être passé aux aveux, Owen L. a reconnu avoir tué Louise à la suite d’une altercation sur Fortnite. Ce drame fait écho à un autre incident dans l’Aube, où un enfant de 11 ans a été hospitalisé après avoir menacé ses parents, qui lui interdisaient de jouer à la console

Deux études menées entre 2020 et 2022 sur des adolescents de 10 à 13 ans montrent que l’impact des jeux vidéo violents sur les comportements agressifs réels est faible, ces comportements étant davantage liés à des vulnérabilités individuelles, familiales et sociales.
 Crédit photo / Futura Sciences

 « Peut-on tuer un enfant de 11 ans parce qu’on a perdu, été contrarié, frustré à force d’addiction à des jeux vidéo ? Ce qui montre bien que les écrans, les jeux vidéo, il faut y faire très attention », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau le 12 février sur France Inter. Mais cette affirmation soulève une question complexe : les jeux vidéo sont-ils véritablement responsables de la violence, ou sont-ils simplement un facteur aggravant dans un contexte plus large ?

Un impact maîtrisable

« Plus on commence tôt et plus les contenus sont inadaptés, plus l’impact est visible », explique Laura Walter, psychologue à Saint-André-les-Vergers. Selon elle, la qualité des jeux, le respect de l’âge de l’enfant et le temps passé devant l’écran sont des critères essentiels. « Cela dépend beaucoup de la manière dont c’est fait. Si l’enfant est constamment sur les jeux vidéo sans un environnement équilibré à côté, sans vie sociale, cela influence fortement son développement », précise-t-elle.

Elle met en garde contre les effets d’une exposition excessive : « Cela peut affecter la réussite scolaire en raison d’un manque d’attention, d’une préférence pour les écrans au détriment des devoirs, de troubles du langage, d’un sommeil perturbé, ainsi que des difficultés sociales, notamment dans la gestion des émotions et l’agressivité », ajoute-t-elle.

Un facteur aggravant ?

Bien que les jeux vidéo soient parfois accusés de provoquer des comportements violents, il est difficile de déterminer s’ils en sont la cause directe ou si ce sont des comportements préexistants qui sont exacerbés par leur utilisation. « La recherche n’a pas encore suffisamment de recul pour affirmer avec certitude que ce sont les jeux vidéo qui génèrent ces comportements violents », explique la psychologue.

Néanmoins, de nombreux experts s’accordent à dire que la violence provient en grande partie de l’environnement global de l’enfant et de ses éventuelles pathologies, telles que le TDAH* ou la dépression. Ces troubles peuvent pousser l’enfant à passer davantage de temps sur les jeux vidéo, le rendant ainsi plus sensible à l’agressivité virtuelle, ce qui crée un cercle vicieux. « Si l’enfant n’est pas accompagné pour apprendre à exprimer et gérer ses émotions, cela peut déborder », avertit-elle.

Loin d’être intrinsèquement violents, les jeux vidéo peuvent, dans un cadre contrôlé et équilibré, constituer un outil de développement. « Tout dépend de l’utilisation qu’on en fait. Les jeux vidéo peuvent être un simple divertissement, mais aussi un moyen d’apprendre à gérer plusieurs actions simultanément ou à prendre des décisions rapidement », précise Laura Walter. Ils ne sont donc pas à diaboliser, mais à encadrer pour éviter qu’ils ne deviennent une addiction nuisible à l’équilibre psychologique et social de l’enfant.

*Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité


L'avis des lecteurs

Postez votre avis

Votre adresse mail ne sera pas publiée.Les champs marqués avec * sont obligatoires